À Riccione, l’histoire est la leur : depuis le siècle dernier, la famille Tomassini est à la tête de l’Hôtel Marilena
Mirco et Daniele toujours en première ligne grâce aux enseignements de leur famille

La famille Tomassini
Ils ont façonné l’histoire de l’accueil à Riccione ; la famille Tomassini a toujours géré l’Hôtel Marilena, véritable symbole de l’hospitalité romagnole, et depuis des générations, cette tradition se transmet en gardant un œil sur l’innovation. Aujourd’hui, Mirco et Daniele, avec leurs enfants, dirigent l’établissement, mais l’histoire de l’Hôtel Marilena remonte au début des années 1900, lorsque leur arrière-grand-père, marin et père de cinq enfants, possédait une maison louée à des touristes de Bologne. « Mon parrain, raconte Mirco, passait ses vacances ici chaque année avec sa famille. Mes parents préparaient pour eux les cabines sur la plage et cuisinaient le poisson fraîchement pêché. Même les gardes de Mussolini sont venus ici, étant donné la proximité de sa résidence d’été. »
DES ORIGINES AU TOURNANT
Le tournant arrive dans les années 1950, lorsque le bâtiment est démoli et, avec les mêmes briques, la famille Tomassini construit sa première pension, “Marilena”, gérée par les grands-parents. Là, le grand-père Augusto, lui aussi marin, pouvait satisfaire les besoins culinaires des clients avec le poisson frais du jour, tandis que les autres membres de la famille s’occupaient du reste. Leur père Gino, avec son trabaccolo, effectuait également des transports—surtout en hiver—mais en été il préférait le “service estival” : le grand-père Augusto avec une petite barque et Gino avec un cutter, un voilier élégant et rapide, emmenaient les touristes en mer. « Nous sommes très attachés à la tradition, explique Mirco. Encore aujourd’hui, le dimanche, nous emmenons nos clients en mer avec un cutter. Nous devons remercier nos aînés pour ce qu’ils nous ont transmis ; pour nous, c’est la culture de la mer. »
LA TRAGÉDIE DU NAUFRAGE DE LA “BRUNA”
Mais « il faut toujours vouvoyer la mer », disait le grand-père Augusto, protagoniste du tragique naufrage de la “Bruna”, le navire amiral de la famille. C’était le 17 janvier 1929, l’année de la grande neige, lorsque le bateau de la famille Tomassini naviguait “en paire” avec le “Nuovo Pietro” de la famille Arduini de Cattolica. Soudain, en raison du mauvais temps, il a coulé. Parmi les pêcheurs qui ont perdu la vie, il y avait Secondo, le frère aîné d’Augusto, et Giulio Gennari, dont le fils Merico avait sauvé, pendant la Seconde Guerre mondiale, la vie de Gino, le fils d’Augusto, alors prisonnier dans un camp de travail en Prusse.
LA CLÉ DE L’HOSPITALITÉ
Tout repose sur la relation humaine, raconte Mirco : « Nous mettons en pratique tout ce qu’on nous a appris. Je suis hôtelier, mais lorsque je voyage, je suis un touriste, et tout ce qui me plaît, je le fais mien. Les clients ont besoin de services, de relations humaines, de propreté, de bien manger et de bien dormir. Nous entretenons depuis des années des relations avec nos clients, et si l’on éprouve une vraie joie à travailler et à les rendre heureux, le travail devient presque un plaisir. La clé de notre succès réside dans la qualité des enseignements qui nous ont été transmis. Nous avons observé ce que faisaient nos aînés. Mon père, par exemple, gardait les bateaux de plusieurs “messieurs” en séjour à Riccione, comme Enrico Mattei, et il me disait que si on lui avait demandé 100 lires, il en aurait donné 300 : “Qu’il me donne ce que j’ai mérité.” Pour lui, l’argent n’avait pas la même valeur que la relation humaine. »
D’OÙ PROVIENT LE NOM HÔTEL MARILENA ?
Marilena était l’aînée des trois frères et sœurs ; l’hôtel porte son nom. Femme aux grandes capacités de travail et aux véritables valeurs humaines envers les clients et la famille, elle a été, avec sa mère Albina, une colonne essentielle dans la gestion de la cuisine de l’hôtel jusqu’à la fin de ses jours. Elle a ensuite transmis cette lourde responsabilité à sa fille Clea, qui poursuit aujourd’hui une cuisine mêlant histoire et modernité grâce au savoir transmis.
En somme, une histoire de valeurs : celles de la famille, de l’hospitalité, de l’attention et du soin apporté au travail. Des qualités qui, malgré tout, restent encore solides dans certaines réalités et méritent d’être racontées.
Maria Assunta (Mary) Cianciaruso (Altarimini)